La peau d’Elisa
Résumé :
Une femme seule, assise devant nous. Une femme de chair, d’os et de sang, qui se livre à un étrange rituel. Avec délicatesse, elle raconte des histoires d’amour. Des histoires vraies qui sont arrivées dans des lieux précis d’une ville précise. Elle insiste avec minutie sur tous les détails intimes : le cœur qui bat, les mains moites, le souffle court, la peau qui frémit sous les doigts. Tour à tour, elle évoque le souvenir de Siegfried qui était fou, de Jan qui voulait tout et tout de suite, d’Edmond qui l’attendait sous les arbres l’après-midi et aussi de Ginette qui était boulotte et d’Anna qui lui a dit les choses qu’on rêve d’entendre… Qui est-elle, cette femme au passé multiple et pourquoi raconte-t-elle tout cela ? Elle parle avec fébrilité, comme si elle était en danger, comme si son cœur, sa vie, sa peau en dépendaient. Peu à peu, à travers ses récits, elle révèle ce qui la pousse à raconter et livre le secret insensé qu’un jeune homme lui a confié, un jour, dans un café…
Notes de mise en scène – Un spectacle au bord du public :
« Une femme seule, assise devant nous. » Le théâtre peut surgir ! Vivant ! La femme raconte — éperdument — des histoires. Pour ne pas disparaître. Dans les plis et les replis de la vie. Disparaître dans le silence. La femme par sa parole fait apparaître des êtres sensibles, des femmes et des hommes bouleversés… par un amour donné, reçu, attendu, perdu, gagné… La femme raconte des histoires… Et le jeune homme apparaît, « parfait » ! La mise en scène sera tendue vers le public, spectateurs-spectatrices, des personnes uniques et sensibles… Leur faire entendre des histoires, leur parler amour, les regarder dans les yeux ! Et faire naître une émotion dans la très grande proximité. « Une femme seule, assise devant nous. » Sur une scène de théâtre et partout… Dans un café, dans un espace public, dans un lieu de passage… Une sorte de théâtre de rue intime, à inventer.
Catherine Anne
Le mot de l’autrice :
En 1996, j’ai participé à un projet de création et d’échange entre Montréal et Bruxelles intitulé « Écrire la ville ». Pour pouvoir « écrire Bruxelles », j’ai demandé à quelques uns de ses habitants de me raconter un souvenir amoureux vécu quelque part dans le ventre de leur ville. Ces histoires tendres, drôles, mélancoliques, étonnantes, sont au cœur de La Peau d’Élisa. À la même époque, j’ai fait la rencontre de Catherine Anne, qui a monté ma pièce Les Quatre morts de Marie. Nous avons tout de suite été en complicité, et ce lien entre nous a grandi au fil des projets, des conversations, des visites à Paris, à Montréal, à Lyon, des lectures de nos textes respectifs, des verres de blanc bus à la santé de nos angoisses et de nos joies d’autrice. Aujourd’hui, Catherine monte et joue La Peau d’Élisa, et je découvre avec bonheur une actrice que je ne connaissais pas tout à fait. Dans son interprétation ludique et pétillante, je retrouve les frissons, les désirs, les émois qui animaient la femme que j’étais en 1996. Dans son interprétation grave et mystérieuse, j’entends la peur de disparaître, déjà présente il y a vingt ans, bien plus grande aujourd’hui. Et dans l’ensemble je vois, un peu partout, les traces de notre complicité.
Carole Fréchette
Théâtre de l’Iris/Villeurbanne (69)
Du 18 au 25 novembre 2016
Théâtre des Halles / Avignon (84)
Du 6 au 29 juillet 2018
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Edition : Actes Sud-Papiers/Léméac, 1998.
Création le 18 novembre 2016 au Théâtre de l’Iris, à Villeurbanne (69).
avec
Catherine Anne Élisa
Pol Tronco Le jeune homme
Texte de Carole Fréchette
Mise en scène : Catherine Anne
Scénographie, Costumes : Élodie Quenouillère
Création lumière : Élisabeth Clément
Nouvelle création lumière : Michel Violleau
Direction d’acteurs : Françoise Fouquet
Production
À Brûle-pourpoint
Avec le soutien de l’ENSATT