Actes Sud-Papiers
2009

Fort

Un jeune pianiste arrive au sommet d’une colline. Sur un monticule de pierres envahi par les herbes hautes, il y a un piano. Près du piano, il y a un homme. Un homme plus très jeune, qui répond à toutes les exigences du soliste, sans jamais dire un mot. Aspiré par le silence, le musicien parle. Parle, comme il n’a jamais parlé. Tout en s’éfforçant de se préparer à ce concert en plein air, il dévoile son histoire, et son lien avec cette colline, sur laquelle était bâti son village d’enfance, détruit par les bombes. Le public arrivera bientôt. Pris dans des émotions contradictoires, le jeune homme pourra t-il s’approcher du piano et jouer ? Pour qui joue t-il ? Pour les morts ou pour les vivants ? Et quel est cet homme muet qui l’observe ?

2 personnages : 2 hommes
Un jeune pianiste
Un homme âgé et muet

Première mise en scène

Mise en scène de Pascale Daniel-Lacombe le 27 février 2009 au Théâtre de l’Est parisien avec Pascal Sangla et Étienne Kimes.

Scénographie : Annie Onchalo
Costumes : Graziella Traon
Lumières : Xavier Baron
Son : Stéphan Krieger (studio Amanita)
Musique originale: Pascal Gaigne
Assistanat à la scénographie : Baptiste Eliçagaray

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Extrait

Le musicien –
Vous pouvez me trouver pénible
C’est votre droit
Mais ce n’est pas un caprice non
Pas un caprice
Je n’aimerais pas que vous pensiez
Il doit vous arriver de penser que les artistes
Les artistes
Font des caprices
Je ne viens pas en caprice
En artiste
Je

Silence

Splendide
Ce petit piano posé dans le silence
La musique j’en joue pour me jouer du silence
Faire sonner le silence
Vous comprenez
Écoutez
Un silence opaque
Rien pas même un oiseau pas une grenouille
Étrange
La rivière ne coule plus je ne l’entends pas
Etes-vous sûr et certain que ce soit l’endroit
Ici exactement ici
Plus un mur n’est debout
Le ciel est encore bleu
Mais la rivière
Y a-t-il toujours des écrevisses dans la rivière
Je ne l’entends pas couler
Écoutez
Rien
Étrange
Les rivières ne meurent pas
Les rivières font partie des choses qui ne meurent pas
Il faut qu’il y ait des choses qui ne meurent pas
C’est important
Je crois que c’est important
Pas vous

Je n’imaginais pas que les rivières pouvaient s’éteindre aussi

Un village entier
Ici
Si c’est bien ici
Un village entier
Tombé dans le silence