Aseta
Aseta a été écrit entre Avril et Août 1996.
Il existe deux éditions de cette pièce courte.
Dans l’ouvrage collectif Théâtre contre l’oubli Actes sud-Papiers, 1996.
À la suite de Pièce africaine L’avant-scène théâtre collection quatre vents, 2007.
Résumé :
Une jeune femme africaine raconte une histoire a appris l’art de la marionnette, pour agir ainsi contre l’excision. Le jeu des marionnettes permet d’exprimer, pour toutes et tous, beaucoup de choses. Une femme, membre d’Amnesty International, assiste à la dernière répétition. La petite tonique marionnette Aseta interpelle le
public et exprime sa peur et son refus. Mais après la répétition, la marionnettiste doit faire face à sa propre mère qui pense nécessaire le geste d’excision pour sa petite-fille. Si la marionnettiste réussit à fuir et à venir en France avec sa fille, seront-elles accueillies ?
Personnages : 3 femmes
LA MARIONNETTISTE, jeune villageoise d’Afrique Noire.
L’AUTRE, égyptienne vivant en France et membre d’Amnesty.
LA VIEILLE, mère de la marionnettiste.
Première représentation : le 9 décembre 1996 à L’Odéon-Théâtre de l’Europe à Paris.
Aseta a été mise en voix par l’autrice lors de la soirée exceptionnelle « Théâtre contre l’oubli », le 9 décembre 1996, à l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Soirée donnée au bénéfice de Amnesty International, à l’occasion de l’anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme et du trente-cinquième anniversaire d’Amnesty International. Avec Martine Maximin, Nicole Dogué et Jenny Alpha.
Extrait
1. Quelque part en Afrique
La marionnettiste vient de répéter un spectacle devant une autre jeune femme. Arrive la vieille.
(…)
LA VIEILLE.La voiture attend.L’AUTRE.Déjà ?LA MARIONNETTISTE.J’aurais voulu que tu restes, que tu sois là ce soir.L’AUTRE.Le spectacle est au point.LA MARIONNETTISTE.Mais tu me laisses seule.L’AUTRE.Ton mari te soutient, le Chef semble avoir admis la justesse de notre action. Tout ce que tu dois savoir, tu le sais. Après le spectacle, il y aura des questions, des discussions. Confiance ! Dans quelques temps, grâce à toi, les petites filles de ce village ne seront plus mutilées.LA VIEILLE.La voiture attend.L’AUTRE.Ton Aséta a une voix ravissante ; personne ne pourra lui résister.LA MARIONNETTISTE.Merci.L’AUTRE.Au revoir.
Les deux jeunes femmes s’embrassent. Celle qui part salue la vieille, puis disparaît.
LA VIEILLE.Bon voyage et bon débarras !LA MARIONNETTISTE.Maman !LA VIEILLE.Que vient-elle faire chez nous cette égyptienne de malheur ?LA MARIONNETTISTE.Je te l’ai déjà dit, elle se bat pour les droits de l’homme.LA VIEILLE.Charabia ! Qu’elle se batte en Egypte !LA MARIONNETTISTE.Elle habite en France.LA VIEILLE.Elle est venue chez nous, laissant derrière elle une traînée de phrases, et je ne comprends plus ma propre fille.LA MARIONNETTISTE.Maman !LA VIEILLE.Tu penses de travers, tu t’enfles de mots, et tu négliges Mamounia pour agiter des poupées maudites.LA MARIONNETTISTE.Des marionnettes.LA VIEILLE.Des manigances de l’étrangère !LA MARIONNETTISTE.Elle est venue nous aider.LA VIEILLE.Nous envoûter.LA MARIONNETTISTE.Tu dis des bêtises de vieille femme. (Appelant.) Mamounia ! Mamounia !LA VIEILLE.Mamounia ne t’entend pas.LA MARIONNETTISTE.Où est-elle ?LA VIEILLE.Je ne veux pas que ma petite fille soit la risée du village. Je ne veux pas que ma petite fille soit impure. Je ne veux pas que ma petite fille pleure toute sa vie l’absence d’un mari. Je ne veux pas que ma petite fille soit écartée des jeux et des conversations et des cérémonies.LA MARIONNETTISTE.Où est Mamounia ? Maman !
(…)