Actes sud-papier
1999

Trois femmes

Résumé :

Joëlle (la quarantaine éprouvée) vient d’être engagée comme garde de nuit chez madame Chevalier (la quatre-vingt-dizaine furieuse) qui supporte difficilement ces gardes diplômées que lui envoie sa fille, Geneviève (la cinquantaine dynamique). Mais Joëlle, ex-chômeuse, est prête à tout pour garder sa place.

3 personnages : 3 femmes

Joëlle, la fille
Joëlle, la mère
Madame Chevalier

Genèse de l’écriture :

Je voulais écrire une œuvre mettant en relation des femmes de plusieurs générations, prises ensemble dans une situation non amoureuse. Une histoire sans l’Amour, mais avec mille remous affectifs et des enjeux d’argent. Je m’intéressais beaucoup à la relation particulière qui se noue entre des femmes travaillant au domicile d’autrui et celles qui les rémunèrent. Et puis je me posais la question du déterminisme. Une personne peut-elle sauter hors de l’ornière dans laquelle sa naissance l’a mise ? Quelle est la marge de jeu ? Du jeu, il y en a beaucoup dans cette pièce qui met en présence trois femmes puissantes, jonglant entre peur de
mourir et désir de vivre. Au cœur, la filiation, toujours porteuse de douceur et de violence. Avec ou sans masque, elles avancent. En un rythme éperdu, une course contre le temps. L’enchaînement des actions et des surprises construit une partie de cache-cache tendue et cocasse. Dans une langue simple et pourtant inventive.

Première mise en scène de l’autrice

Le 19 novembre 1999 au Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e.
Avec Marie Mure – Joëlle, la fille, Martine Schambacher – Joëlle, la mère, Isabelle Sadoyan – Madame
Chevalier.

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Deuxième mise en scène de l’autrice

Le 6 novembre 2019 au Théâtre de la Renaissance à Oullins-GrandLyon avec Milena Csergo, Catherine Hiegel, Clotilde Mollet. Reprise 2021 avec Catherine Arditi, Clotilde Mollet, Flora Souchier.

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D’autres mises en scène

2004
Mise en scène Luc Fonteyn avec Jo Deseure, Janine Godinas, Valérie Marchant. Scénographie et costumes Christine Flasschoen – Lumière Pascal Georis.
Une création et production du Théâtre Royal de Namur et du Théâtre Le Public.

2013
Mise en scène d’Alexis Goslain avec Jacqueline Nicolas, Bernadette Mouzon, Julie Duroisin. Scénographie Noémie Breeus – Création lumière Jacques Magrofuoco.
Co-production So O.U.A.T et le festival de Spa.

Traductions

Anglais THREE WOMEN de Solvene TIFFOU

Allemand, Das Krokodil von Paris traduction de Klaus GRONAU, 1999

Extrait

Scène 9, dans l’appartement de madame Chevalier.

Mme CHEVALIER Je vous ai préparé une chambre Joëlle
Inutile de perdre vos nuits dans ce fauteuil
À présent je dors du sommeil des anges
JOËLLE, LA MÈRE Madame Chevalier votre fille me paie
Mme CHEVALIER Que ma fille vous paie à dormir me ravit
Ça lui fait les pieds à cette grande agitée
JOËLLE, LA MÈRE Elle me paie pour veiller
Mme CHEVALIER Je ne suis pas morte que Diable
Et vous vous avez l’air d’un cadavre
JOËLLE, LA MÈRE C’est ma fille qui me tracasse
Mme CHEVALIER Il faudrait ne pas avoir de fille
Des fils peut-être
On dit qu’avec leurs mères les fils sont délicieux
JOËLLE, LA MÈRE Je n’en sais trop rien
Mme CHEVALIER Moi non plus ma pauvre Joëlle hélas
Nous sommes sur le même pied
Certaines se dévouent et pondent des filles pour les fils des autres
Au lit
Le vôtre est préparé dans la chambre de Geneviève au bout du corridor
JOËLLE, LA MÈRE Madame Chevalier je ne peux pas accepter
Mme CHEVALIER Ne soyez pas crétine
Ma fille me bat froid
Depuis plus de vingt ans je ne l’ai vue qu’une fois
À l’enterrement d’Edmond son cher père
JOËLLE, LA MÈRE Ce doit être bien dur
Mme CHEVALIER Elle n’a jamais été tendre
Ma fille
Je l’ai vu grandir dans un effarement
Elle admirait son père m’assommait de reproches
Tout en vrac
De ne pas travailler de ne pas m’occuper d’elle
Absurde
Si j’avais travaillé est-ce que je me serais occupée d’elle
D’ailleurs quand j’ai voulu m’occuper de ma petite-fille Amélie
Vraiment m’en occuper
Geneviève a coupé les ponts
JOËLLE, LA MÈRE Entre ma fille et moi il n’y a que bonne entente
Touchons du bois
Dans la difficulté dans le péril elle s’est toujours confiée
C’est de famille nous on se serre les coudes